🏥 Grand âge, canicule, fin de vie : nous devons changer de logiciel.
À la suite de ma visite à l’hôpital de Plaisir et à l’EHPAD Hervieux à Poissy, j’ai reçu ce lundi matin à l’Assemblée nationale des directeurs et directrices d’EHPAD d’Île-de-France pour un échange concret sur les enjeux du grand âge.
Nous avons parlé des lois à venir, de la fin de vie, de la canicule, mais aussi des difficultés du quotidien : absentéisme, recrutement, formation, alternance, masse salariale, normes et contraintes budgétaires.
Ce temps d’échange, proposé après plusieurs discussions avec Céline Baudry Olive, directrice régionale d’EHPAD, ainsi qu’avec d’autres professionnels du secteur, avait un objectif simple : faire remonter les réalités du terrain.
Le constat est clair : les établissements accueillent des personnes de plus en plus âgées, avec des besoins de plus en plus lourds, sans toujours avoir les moyens humains à la hauteur.
La grande difficulté, aujourd’hui, c’est de disposer de personnels supplémentaires, formés et préparés aux réalités de la gériatrie.
Les coupes budgétaires, la réforme de l’alternance, les blocages administratifs et le manque de formations spécifiques compliquent fortement l’organisation des établissements.
Il faut un vrai module de formation à la gériatrie pour les infirmiers et les aides-soignants. La gériatrie ne doit plus être un choix par défaut : elle doit être reconnue, valorisée et mieux accompagnée.
J’ai également posé la question du lien entre ces établissements et l’État. Là aussi, le constat interroge : l’État est présent pour contrôler, inspecter, vérifier, mais pas assez pour accompagner, construire et anticiper avec les acteurs de terrain.
Nous devons passer d’une logique de contrôle à une vraie logique de partenariat.
La loi de 2002 a été essentielle pour structurer le secteur médico-social. Mais plus de vingt ans après, les réalités ont profondément changé. En cinq ans seulement, les métiers du grand âge n’ont plus rien à voir. Les besoins ont changé. Les résidents ont changé.
Il faut donc une loi actualisée pour les seniors, adaptée aux réalités d’aujourd’hui.
Dans la 12e circonscription des Yvelines, ces sujets sont très concrets. Mes visites à l’hôpital de Plaisir et à l’EHPAD Hervieux à Poissy l’ont confirmé : nos établissements font un travail essentiel, mais ils ne peuvent pas être laissés seuls face à des défis aussi lourds.
À Poissy, j’ai vu un établissement de grande qualité, avec une attention portée au confort, à l’alimentation, au lien social et à l’accompagnement des résidents. Ce savoir-faire doit être mieux connu des familles.
Le grand âge ne peut pas être traité dans l’urgence permanente.
Si nous n’anticipons pas, nous irons collectivement dans le mur. Et la vraie question sera alors simple : que deviendront nos résidents ?
À l’issue de ce rendez-vous, je saisirai le ministère de la Santé afin de formuler plusieurs propositions concrètes issues du terrain.
Nos aînés méritent une politique de dignité, d’anticipation, de formation et de responsabilité.










