Ma chère Catherine,
Ce lundi, place de Valois, sous les ors du ministère de la Culture, ce n’était pas seulement une décoration que la République remettait.
C’était une vie, une œuvre, une liberté, une fidélité que la France saluait enfin à la hauteur de ce qu’elle est.
Le discours de Rachida Dati était à ton image : dense, précis, profondément juste.
Elle a su dire ta liberté, ton génie, ta capacité unique à traverser les époques sans jamais renoncer à ce que tu es. Elle a su raconter Poissy, ton père, la musique comme une langue, et cette trajectoire hors norme qui t’a menée du violon de l’enfance aux scènes du monde. Ce moment n’était pas une simple cérémonie : c’était un acte de reconnaissance, de mémoire et de culture.
Te voir élevée au rang de Commandeur de la Légion d’honneur est une évidence.
La République ne faisait que reconnaître ce que le public, les artistes et ceux qui t’aiment savent depuis toujours : tu es une icône libre, une créatrice infatigable, une âme majeure de la culture française.
Dans cette salle, il y avait Muriel, Catherine, Mathilde, Maxime, Bernard, tant d’amis venus de tous horizons. Tous différents, mais rassemblés par la même chose : toi.
Ton talent. Ta générosité. Ta fidélité. Ta lumière.
Et moi, je pensais au petit garçon de Poissy que j’étais quand je t’ai rencontrée.
À cette enfant de Poissy que tu es restée, malgré la gloire, les scènes du monde, les succès et les tempêtes.
À ton père médecin, dont la musique était le rêve.
À ta maman, qui a vécu ici jusqu’à 102 ans.
À cette racine que tu n’as jamais quittée, parce que c’est elle qui t’a donné ton souffle.
Tu es de ces artistes rares qui n’ont jamais confondu la musique avec un métier.
Pour toi, elle a toujours été une langue, une nécessité, une respiration.
Du violon de Mendelssohn à Nuit magique, de La Rockeuse de diamants aux grandes fresques scéniques, de Flamenrock aux créations les plus audacieuses, tu n’as jamais cessé d’être libre.
Libre de te réinventer.
Libre de refuser les cases.
Libre d’oser des chemins que personne n’avait encore tracés.
Mais au-delà de l’artiste immense, il y a la femme.
Celle qui a toujours mis sa voix, son nom, son énergie au service de la solidarité, de la lutte contre le sida, de la dignité des plus fragiles.
Celle qui, simplement en étant elle-même, a donné du courage, ouvert des portes, permis à tant d’autres femmes de se tenir debout.
Tu es de celles qui n’ont jamais triché avec leur identité.
Et c’est pour cela que tu es aimée.
Catherine, tu n’es pas seulement une immense artiste française.
Tu es une part de ma vie.
Une part de Poissy.
Une part de ce que je suis.
Je t’aime profondément.
Et je suis infiniment fier que la République t’ait dit hier, avec tant de justesse et de profondeur, ce que nous savons depuis toujours :
tu es une grande, une vraie, une éternelle. 💙🎻








